Politique. Législatives : Lu dans Le Progrès

Samedi 12 mai 2012

Législatives.Les 14 candidats UMP aux législatives veulent croire en une future cohabitation 

Publié le 12/05/2012 à 06:00 
L’UMP a lancé sa campagne, hier matin, en présentant ses  quatorze candidats, dont trois femmes.  Photo Maxime Jegat

L’UMP a lancé sa campagne, hier matin, en présentant ses quatorze candidats, dont trois femmes. Photo Maxime Jegat

Rhône. Alain Juppé participera à un grand meeting départemental à Lyon le 22 mai pour soutenir les sept députés sortants ainsi que les sept « nouveaux talents » qui tenteront leur chance souvent pour la première fois.

Les quatorze candidats qui porteront les couleurs de l’UMP aux élections législatives des 10 et 17 juin dans le Rhône ont lancé ensemble leur campagne, hier matin, au siège départemental de leur parti. Autour du secrétaire de la fédération, Michel Forissier, ils étaient trois femmes et onze hommes (voir ci-dessous) dont sept sortants. Tous veulent croire qu’il est possible – contrairement à ce qu’il s’est toujours passé jusqu’ici- que les Français, un mois après avoir choisi leur président, le privent d’une majorité de gauche à l’Assemblée nationale pour mener sa politique. « L’élection présidentielle, c’est le choix d’un homme », explique le Lyonnais Michel Havard. « Une législative, c’est le choix d’un programme. C’est différent ». Michel Forissier avance un autre argument : « La démocratie, c’est un pouvoir et des contre-pouvoirs. La gauche a le Sénat, la plupart des Régions et elle aura demain la présidence de la République. Il faut équilibrer ».

Sans surprise - et même si le portrait de Nicolas Sarkozy a déjà disparu du mur derrière eux - les candidats vont reprendre un certain nombre de thématiques de la campagne de celui-ci comme la règle d’or, l’équilibre des finances publiques ou encore le refus du droit de vote des étrangers dans les élections locales.

Localement, la concurrence des divers droite conduits par le maire du 2 e arrondissement de Lyon, Denis Broliquier, annoncée dans toutes les circonscriptions ( Le Progrès d’hier) ne « fait pas trembler » l’UMP. Le candidat et président départemental Philippe Cochet n’y voit là que des « scories » et des « clapotis » : « Nous, nous sommes là pour gagner », affirme-t-il. « L’enjeu, c’est de décider d’une majorité à l’Assemblée nationale pour définir une politique pour la France, ce n’est pas une question d’opportunisme électoral et financier », poursuit Michel Havard tandis qu’Emmanuel Hamelin ne voit dans l’opération de ces « divers droite » que « des arrière-pensées municipales ». Les triangulaires avec le FN n’affole pas plus, officiellement du moins, l’UMP : « Nous ne les craignons pas, il n’y en aura aucune dans le Rhône, c’est un non sujet », tranche un peu trop abruptement pour être sincère le président départemental. Pour soutenir tous les candidats, un meeting est prévu à Lyon le 22 mai avec Alain Juppé.

Michel Rivet-Paturel

Rhône Polémique.Fenech s’en prend à Mercier

Publié le 12/05/2012 à 06:00

le président du conseil général du Rhône mis en cause par Georges Fenech photo Pierre Augros

Le président du conseil général du Rhône mis en cause par Georges Fenech / Photo Pierre Augros

A voir leur tête, plusieurs des treize autres candidats UMP aux législatives ont été surpris par la charge de Georges Fenech contre le président du conseil général du Rhône, Michel Mercier, hier, lors de leur conférence de presse commune.

« Go home, qu’il rentre à Thizy » a lancé le magistrat, furieux que le garde des Sceaux soutienne contre lui le député sortant Nouveau Centre, Raymond Durand. Au passage, celui-ci bénéficia de qualificatifs peu amènes.

Hors conférence, plusieurs candidats ont dit leur mécontentement : « Fenech n’est venu que régler des comptes personnels ce n’est pas correct », confiait l’un ou encore un autre « Mercier est nickel avec nous, il n’avait pas à l’agresser ». 
D’autant qu’« agacé par la politique de Michel Mercier », Georges Fenech a même mis en cause certaines décisions ès qualités du ministre.

M. R-P.

Mardi 8 mai 2012

Politique. Législatives : la gauche vise trois circonscriptions supplémentaires

Publié le 08/05/2012 à 06:00

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Neuf des quatorze députés du Rhône sont de droite. Avec les résultats de la présidentielle, la gauche peut envisager de gagner trois sièges supplémentaires les 10 et 17 juin prochains : à Lyon, dans le Sud et l’Est lyonnais. Mais dimanche soir, à la préfecture, où se retrouvaient bon nombre de parlementaires, les sourires n’étaient pas que de façade à droite. Quatre circonscriptions (Val de Saône, Ouest lyonnais, Tarare et Beaujolais) ont en effet donné plus de 60 % des voix à Nicolas Sarkozy. Et des triangulaires sont à envisager.

Les circonscriptions que la gauche peut ravir à la droite

1 ere circonscription (Lyon, 5 e, 2 e et 7 e arrondissements)

Le sortant UMP Michel Havard a du souci à se faire. Dimanche soir, Nicolas Sarkozy n’a réuni sur son nom que 46,02 % des suffrages. La droite se retrouve donc avec un retard de huit points sur une circonscription plutôt hétérogène. Déjà au premier tour, c’est François Hollande qui était arrivé en tête, trois points devant Nicolas Sarkozy. Et le report des voix des électeurs de Marine Le Pen et de François Bayrou n’a pas été favorable à l’UMP.

La chance de Michel Havard, c’est la double candidature de gauche face à lui. D’un côté, l’écologiste Philippe Mérieu, investi par les accords nationaux PS-Verts. De l’autre, le radical Thierry Braillard, soutenu par Gérard Collomb et une bonne part de la majorité municipale. Une triangulaire au deuxième tour serait l’hypothèse la plus favorable pour Michel Havard. Mais le candidat arrivé derrière se désisterait quasiment à coup sûr. Pour offrir une victoire à la gauche. Sauf à ce que la campagne ait laissé trop de traces entre écologistes et radicaux.

11 e circonscription (Sud lyonnais)

Nicolas Sarkozy est arrivé en tête, avec une marge plutôt confortable de 6,6 points. Pourtant, la gauche nourrit de réels espoirs de ravir la circonscription à la droite. Ce sont les candidatures de l’actuel et de l’ancien député qui entretiennent cette situation. Georges Fenech, élu en 2007, puis condamné à laisser sa place à Raymond Durand qui a refusé de lui la rendre, a été investi par l’UMP. Et Raymond Durand a l’étiquette Nouveau Centre.

Ce duel fratricide pourrait bien coûter un siège à la droite. Sauf que pour l’instant, la situation n’est guère plus enviable à gauche, avec une candidate « officielle » PRG, parachutée de Marseille, une candidature dissidente du socialiste Guy Palluy, une autre du Vert Jean-Charles Kolhaas ou encore celle du maire Front de gauche de Grigny, René Balme.

Face à cette cacophonie, le maire communiste de Givors, Martial Passi, a lancé dimanche soir un appel au rassemblement. « Je prends l’initiative d’écrire à toutes les forces de gauche et écologistes afin qu’elles organisent le plus rapidement possible une rencontre permettant de trouver la meilleure formule, pour unir et rassembler afin de reprendre cette circonscription à la droite. » Derrière sa candidature ? S’il rejette cette hypothèse, d’autres la mettent en avant pour lui. Et son aparté de plusieurs minutes avec Michel Mercier dans les salons de la préfecture dimanche soir n’est pas passé inaperçu.

13 e circonscription (Est lyonnais)

Là aussi, Nicolas Sarkozy est arrivé largement en tête, avec même 56,01 % des suffrages. De quoi en théorie assurer une confortable réélection à l’UMP Philippe Meunier. Mais l’un des fers de lance de la Droite Populaire peut craindre une triangulaire face au FN André Pozzi. Au premier tour, Marine Le Pen avait réalisé 20,27 %, soit 16,32 % des inscrits (la barre pour se maintenir au second tour est à 12,5 %). Une situation qui pourrait profiter à la socialiste Farida Boudaoud (38 % pour la gauche au premier tour). Les électeurs centristes auraient alors le sort de ces élections législatives en main.

François Guttin-Lombard


Présidentielle.Le Rhône rural reste à droite, le Rhône urbain à gauche

Publié le 08/05/2012 à 06:00

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Avec en plus la ville de Lyon qui, pour la première fois à une élection présidentielle, se donne à la gauche, la fracture rhodanienne conserve toute sa pertinence. À quelques exceptions locales près. 

Canton de Monsols : 68,21 % pour Nicolas Sarkozy ; canton de Beaujeu : 65,93 % pour Nicolas Sarkozy : canton de Saint-Laurent-de-Chamousset : 61,21 % pour Nicolas Sarkozy ; canton d’Anse : 62, 34 % pour Nicolas Sarkozy.

Jeu contraire : canton d’Oullins : 55,05 % pour François Hollande ; canton de Saint-Fons : 55, 55 % pour François Hollande ; canton de Vaulx-en-Velin : 71,87 % pour François Hollande ; cantons de Vénissieux : 68, 82 % pour François Hollande.

Ces deux séries d’exemples auraient pu être allongées chacune de plusieurs éléments, pour illustrer une réalité électorale toujours d’actualité dans le Rhône à l’occasion du second tour de l’élection présidentielle. Il existe une césure politique très nette entre zones rurales et zones urbaines. Les premières votent toujours majoritairement à droite, les secondes majoritairement à gauche.

Le phénomène s’est même un peu plus caractérisé avec le net basculement à gauche, une première dans ce type d’élection, de la ville de Lyon (53,12 % pour le candidat socialiste). Les autres villes un peu importantes du département ou étant inscrites dans l’attraction lyonnaise ont quasiment toutes donné leur préférence au candidat de gauche de Bron à Givors, d’Oullins à Rillieux-la-Pape.

Avec quelques exceptions dans la banlieue Ouest de Lyon, la banlieue la plus bourgeoise, où ces citadins-là continuent à préférer la droite (Sainte-Foy-lès-Lyon à 60 % ou Écully à 67,50 % pour le président sortant). Dans ces exceptions on peut ajouter la ville de Caluire (55,79 %). Mais ces particularités sont également des constantes : en 2007, dans ces trois villes les scores de Nicolas Sarkozy avaient atteint les 64 %, 71,6 % et 60,7 %.

En revanche, on peut relever aussi quelques exceptions de communes rurales plus à gauche, telle Tarare, dans un canton globalement à droite. La commune a placé François Hollande en tête avec 51,8 % des voix. 

Un autre examen confirme presque physiquement la césure sociologique. Des cantons voisins, comme peuvent l’être ceux de Mornant (plutôt rural) et Givors (plutôt urbain), ou encore Saint-Symphorien-d’Ozon (plutôt rural) et Saint-Priest (plutôt urbain), font vivre la parité entre droite et gauche avec Nicolas Sarkozy à 58,03 % et 57, 13 % dans les campagnes et François Hollande à 56,84 % et 53,61 % en ville. 

Enfin, les trois communes du Rhône dans lesquelles François Hollande a réalisé ses meilleurs scores sont Vaulx-en-Velin (30 373 habitants) avec 71,87 %, Vénissieux (57 689 habitants) avec 68,82 % et Saint-Fons (17 090 habitants) avec 67,97 %. Toutes les trois font partie de l’aire d’attraction lyonnaise. 

Quant à Nicolas Sarkozy, ses meilleurs résultats s’inscrivent à Thel (312 habitants) avec 86,61 %, Aigueperse (247 habitants) avec 83,24 % et Saint-Bonnet-les-Bruyères (371 habitants) et 79,84 %. Tout est dit. 

Michel Rivet-Paturel


Date de dernière mise à jour : 12/05/2012

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