LYON CAPITAL 11ème circonscription du Rhône GIVORS

11e circonscription : Le duel Durand / Fenech va-t-il faire perdre la droite ?

Par Lucie Blanchard Posté le 04/05/2012  à 15:57

groslogo.pngSERIE (6/8) - Sur le papier, le rapport de force est favorable à la droite après le 1er tour de la présidentielle dans la 11e circonscription du Rhône (Givors, Grigny, Mornant, Ampuis) mais les divisions entre Raymond Durand (député sortant, nouveau-centre) et Georges Fenech (candidat UMP) pourrait faire pencher la balance à gauche, avec le FN en embuscade. Encore faudra-t-il que la gauche se rassemble. Le résultat de dimanche sera déterminant.


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La droite arrive-t-elle en bout de course dans la 11e circonscription ? Après un mandat de 4 ans, le député sortant Raymond Durand, soutenu par l'alliance centriste (Parti radical valoisien, Nouveau-centre et éventuellement MoDem) veut remettre le couvert. Il se targue d'avoir été très proche de ses administrés durant son mandat, notamment sur la question des transports très prégnante dans la circonscription (le COL, le CEFAL et le doublement de l'A45 y sont en projet).

Mais son principal challenger, Georges Fenech (UMP) pourrait bien lui voler la vedette. L'ancien député de la circonscription (2002-2008) réélu massivement en 2007 (56% des voix) avait vu son élection invalidée par le conseil constitutionnel en juin 2008 après une irrégularité dans ses comptes de campagne. Un chèque signé de la main d'une militante et qui n'était pas passé par son mandataire financier. Raymond Durand, son suppléant lui avait alors succédé. Georges Fenech après 4 années d'absence veut récupérer son siège. Il a été investi sans débat par les instances nationales de l'UMP. Mais Raymond Durand, son ancien suppléant, ne veut pas lâcher la place. "Il faut que j'arrive devant lui au 1er tour", lâche-t-il. Le soutien de Michel Mercier, président centriste du conseil général pourrait peser en sa faveur, du moins l'espère-t-il. 

A droite, la guerre a commencé 

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Georges Fenech (photo) en campagne depuis le 1er octobre multiplie les apparitions sur le terrain, fustigeant le bilan de son ancien suppléant "Raymond Durant n'a aucune action législative connue à l'assemblée nationale. Son mandat a consisté a cosigner des lois présentées par d'autres". Raymond Durand lui, renvoie son statut de notable parisien à la figure de son opposant : "quand on se présente en costume et souliers vernis à la foire de Condrieu, on n'a rien compris, lâche-t-il. Georges Fenech aurait mieux fait d'être candidat à Paris" tacle le sortant.

A prendre en considération également, le FN pourrait se maintenir au second tour entrainant une triangulaire dans la circonscription. "Avec près de 20% des voix au premier tour de la présidentielle le 22 avril, c'est la vraie surprise chez nous",confirme Raymond Durand. Le FN a investi une candidate, Agnès Henri, 42 ans, fonctionnaire lyonnaise proche de Bruno Gollnisch, le 27 avril dernier." J'ai débuté quasiment instantanément ma campagne sur les thèmes de celle de Marine Le Pen et sur les transports" précise l'intéressée. Un meeting commun avec les candidates de la 10e et de la 12e, Agnès Marion et Murielle Coativy, est programmé le 24 mai prochain à la salle Chabrières d'Oullins. 

Cinq candidats à gauche !

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A gauche, alors que la droite est en difficulté, c'est un imbroglio sans nom. Pour l'heure, cinq candidats se présentent dont trois crédibles. La candidate de Génération écologie, France Gamerre, officiellement investie suite à l'accord national entre le PS et le PRG ne fait pas l'unanimité. Au contraire, l'élue marseillaise provoque l'ire des élus socialistes locaux. Georges Fenech parle d'un "parachutage dans toute sa splendeur". En réaction, le conseiller régional socialiste Guy Palluy (photo) dit avoir "toute la légitimité de part son ancrage local et son soutien depuis le début à François Hollande".

Jules Joassard, secrétaire de section à Saint-Symphorien-d'Ozon envisage lui aussi de partir, il aimerait voir cassé l'accord PS/PRG après le premier tour. sa candidature reste pour l'heure au conditionnel. Le maire de Grigny, René Balme (Parti de Gauche) se présente également de façon ferme. Il pourrait récupérer les 11,02% de voix réalisées au premier tour par Jean-Luc Mélenchon dans la 11e, soutenu par le maire communiste de Givors, Martial Passi. Mais les uns et les autres pourraient tout aussi bien se rassembler derrière une candidature unique en fonction des résultats du second tour. "Cela dépendra des accords nationaux passés après le second tour" estime Jacky Darne, président de la fédération socialiste du Rhône.

Enfin, Jean-Charles Kohlhaas, le candidat Europe écologie-les Verts, conseiller régional qui a recueilli 48% des voix au second tour des cantonales dans le canton de Vaugneray est un candidat sérieux. Même si Eva Joly n'a obtenu que 2,61% dans la circonscription. " J'espère faire mieux que les autres candidats non pas parce qu'ils sont divisés mais parce que sur les problématiques transports et des déplacements, j'ai des compétences" affirme l'intéressé, spécialiste des transports.

Dans tous les cas, le résultat du second tour dans cette circonscription est très attendu dimanche. Les lignes pourraient y bouger dès la semaine prochaine.

Législatives : les 5 circonscriptions du Rhône où le FN menace déjà l'UMP

Par Fabien Fournier  Posté le 24/04/2012  à 19:32
 
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© Fabrice Catterini

Le parti de Bruno Gollnisch réalise des performances décevantes à Lyon, Villeurbanne et les principales villes populaires de l'agglomération. Il progresse en revanche à l'Est et dans le Beaujolais. Au vu des résultats de dimanche, il pourrait se maintenir dans six circonscriptions au second tour des législatives de juin prochain. Provoquant des triangulaires, périlleuses pour les députés de droite.

Le FN des villes recule, le FN des champs progresse : au soir du premier tour, le Front national présentait ces deux visages asymétriques. D'abord un score faible à Lyon (9,9%), médiocre à Villeurbanne (13,4%), décevant à Vénissieux (16,2%), Vaulx-en-Velin (13,8%) et Rillieux-la-Pape (15,8%) où il se situe à un étiage inférieur aux données nationales. Par comparaison, Jean-Marie Le Pen, au premier tour de 2002, avait respectivement  recueilli 22,7%, 21,7% et 20,7% des suffrages dans ces trois dernières communes. Le recul est très net. "Dans beaucoup de grandes villes, c'est très mauvais. Peut-être parce que la bipolarisation y fonctionne plus. Les électeurs y ont voté le second tour avant le premier", avance Bruno Gollnisch.

Mélenchon reconquiert les villes de banlieue

Mais l'ex-numéro deux du parti voit aussi une explication plus polémique : "la submersion démographique a fait son effet". Autrement dit des vagues d'immigration qui conduisent à ce "qu'une population se substitue progressivement à une autre". Au vu des résultats de dimanche soir, Jean-Jack Queyranne percevait, à l'inverse, la réussite d'une politique de mixité sociale menée dans ces collectivités.

Autre facteur explicatif : la percée Mélenchon. Dans les deux plus grosses villes populaires de l'agglomération (Vaulx-en-Velin et Vénissieux), Marine Le Pen est nettement devancée par le candidat du Front de Gauche qui réalise grosso modo 19% des voix. Est-il en train de reconquérir les banlieues rouges, celles-là même qui avaient permis à Jean-Marie Le Pen d'élargir son assise électorale dans les années 90 ?

Le FN réalise toutefois de bons scores dans des villes de l'Est, positionnées à cheval entre l'agglomération et le Grand Est, mi-citadines mi-pavillonnaires. A Corbas et à Mions, la candidate d'extrême droite dépasse allègrement la barre des 20% des voix. Elle est aussi triomphante dans le Haut-Beaujolais : 34,7% à Dracé, 33,7% à Corcelles, 34,7% à Aigueperse, 35% à St-Bonnet des Bruyères et même 26% à Montsol. "Les habitants des communes rurales sont attachés aux valeurs traditionnelles. il y a dans nos campagnes un sursaut, une volonté de survie de l'identité française", se réjouit Bruno Gollnisch. "Beaucoup de déçus de Nicolas Sarkozy rentrent au bercail. Des agriculteurs, des viticulteurs", complète Christophe Boudot. Le secrétaire départemental du FN pointe aussi "l'islamisation de Villefranche", située non loin de là.

Meunier menacé ?

Cette poussée lepeniste aiguise les appétits du parti d'extrême droite pour les législatives. Ainsi, si les scores de juin prochain devaient être à l'avenant - notamment le taux de participation -, le Front national serait en mesure d'imposer des triangulaires au second tour dans 6 circonscriptions sur les 14 que compte le Rhône. Il s'agit des 8e (Tarare, L'Arbresle), 9e (Villefranche, Anse), 10e (St-Symphorien-sur-Coise, St-Genis-Laval, Vaugneray), 11e (Mornant, Givors, Condrieu), 13e (Meyzieu, Décines, St-Priest) et 14e (Feyzin, Vénissieux, St-Fons). Or dans 5 d'entre elles, leurs titulaires sont UMP. En 2007, Patrice Verchère (8e), Bernard Perrut (9e), Christophe Guilloteau (10e), Georges Fenech (11e) et Philippe Meunier (13e) avaient terrassé des adversaires frontistes au plus mal - ce dernier s'était gargarisé de mettre Bruno Gollnisch "en slip". Ce ne sera pas le cas dans quelques semaines.

Certes, le parti présidentiel est partout devant la formation d'extrême droite. Le FN n'est donc pas a priori en position de gagner un siège dans le Rhône. Mais son maintien au second tour fragiliserait le candidat de droite qui ne pourrait compter que sur ses propres électeurs pour l'emporter. Or dans la 11e et 13e circonscription, il y avait moins de cinq points d'écart entre Nicolas Sarkozy et François Hollande dimanche dernier. Une union de la gauche, associée au maintien d'un candidat du Front national, pourrait donc signer la défaite de Raymond Durand  et de Philippe Meunier. Alors, qui sera en slip en juin ?

Date de dernière mise à jour : 10/05/2012

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