Légion d'Honneur refusée

Pourquoi je refuse la légion d'honneur

Modifié le 03-01-2012 à 15h21

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LE PLUS. Promu au grade de chevalier de l’Ordre national de la Légion d’honneur lors de la promotion du Nouvel An, l’ancien sénateur gaulliste Henri Torre, 78 ans, a annoncé lundi 2 janvier qu’il allait refuser cette distinction "attribuée à n’importe qui et n’importe comment".

Henri Torre

> Par  Ex sénateur de l'Ardèche

Edité et parrainé par Sébastien Billard

J'ai refusé la légion d'honneur une première fois déjà, en décembre 2008. Je pensais que le débat était clos. Décider de me l’octroyer une seconde fois sans m’en avertir alors que je m’étais déjà expliqué sur les raisons de mon refus est à mes yeux un manque de respect.

 

Cette promotion, je l'ai apprise par hasard, lundi 2 janvier. Je n’ai été prévenu par personne. Quelle ne fut pas ma surprise quand je suis allé vérifier cette information dans le journal ! Naturellement, comme en 2008, je compte refuser une nouvelle fois clairement cette promotion.

 

Nicolas Sarkozy remettant la légion d'honneur à Bernadette Chirac, le 18/03/2009. (JACQUES BRINON / POOL / AFP)

 Nicolas Sarkozy remettant la légion d'honneur à Bernadette Chirac, le 18/03/2009. (JACQUES BRINON / POOL / AFP)

 

Je persiste à rejeter cette distinction pour deux raisons principales :

 

-La légion d’honneur n’a selon moi plus la même valeur qu’autrefois. Beaucoup trop de gens sont décorés chaque année. Cette promotion se fait n’importe comment et est décernée souvent à n’importe qui. Des Français très méritants l’ont reçu mais quand je vois que des personnes en difficulté avec la justice l'ont également reçu, ce n’est pas ma conception de cette décoration.

 

Je ne nie pas que Napoléon ait pu instaurer cette pratique avec certaines arrière-pensées. Mais je préfère pour ma part m'inscrire dans l'héritage gaulliste. De Gaulle lui n'a jamais transigé avec ce symbole républicain. Je déplore aujourd'hui la dérive clientéliste de son mode d'attribution. Je déplore également que ce pouvoir de nomination soit réservé au pouvoir politique.

 

-La seconde raison qui me pousse à refuser cette distinction est politique. A quelques mois de l’élection présidentielle, je tiens à réaffirmer clairement que je n’approuve pas l’action du président actuel. Je n'apprécie pas la manière dont Nicolas Sarkozy s'est conduit à la tête de ce pays. Il n’a aujourd'hui plus mon soutien.

 

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