Comment Monsieur Fenech a encore perdu une occasion de se taire

Affaire Laetitia : Fenech "ne comprend pas les magistrats"

 

Déclaration de Monsieur Fenech à Lyon Capital le 4 février 2011 Lire FenechMagistratsLaetitia.pdf 

 Georges Fenech, ancien député de Givors, également en campagne pour préparer son retour en politique, dit "ne pas comprendre que les magistrats s'arc-boutent d'emblée dès qu'on met en cause leur responsabilité"

"Il est normal que le président de la République s'exprime sur d'éventuels dysfonctionnements, c'est une réaction salutaire. En revanche, ce que je trouve moins légitime est cette réaction épidermique des magistrats dès qu'on met en cause une quelconque responsabilité. Le manque de moyens, et je reconnais qu'il y en a, ne permet pas de s'exonérer d'emblée d'une responsabilité".

Et de proposer de "trouver les bonnes dispositions législatives qui permettent de définir la responsabilité professionnelle d'un magistrat"

Voila des déclarations bien imprudentes faîtes à Lyon Capital par un toujours ancien magistrat qui a encore perdu une belle occasion de se taire !

Comment, en effet, définir la responsabilité professionnelle d'un magistrat

Le Juge Renaud Monsieur Fenech ne doit certainement pas manquer d'idée sur la responsabilité professionnelle des magistrats, du moins les idées qui l'ont conduit à se défausser de ses propres responsabilités en permettant aux meurtriers du Juge Renaud de couler aujourd'hui une retraite paisible en sachant que, depuis 2002 - dix ans après le non-lieu prononcé contre la volonté de la famille lire Dossier 13ème Rue : Le Juge Fenech - grâce à ce même Monsieur Fenech en charge de l'enquête, ils ne pourront plus jamais être inquiétés.

Le prononçé de ce non-lieu a-t'il rendu service aux victimes ou aux bourreaux ?

N'aurait-il valu pas mieux valu pour une bonne administration de la justice que l'insécurité provoquée par le risque permanent d'être découvert par des preuves ou des aveux tardifs soit du côté des commanditaires et des tueurs ?

Que doivent penser les enfants du Juge Renaud de cette proposition de définition de la responsabilité professionnelle d'un magistrat  faite par le même magistrat qui leur a imposé de ne jamais connaître définitivement le nom des assassins - restés impunis - de leur père ? Et surtout pour quelles raisons leur père a été tué ?

Cette affaire est toujours aussi sensible 30 ans après. lire Lyon Capitale : DES INSULTES SUR LA TOMBE DU SHERIF

Oui, Monsieur Fenech aurait mieux fait de se taire sur l'affaire Laetitia, surtout que, depuis, la responsabilité des Magistrats a été mise hors de cause ainsi que celles de la police et de la gendarmerie.

Des assassins définitivement en liberté valent-ils mieux qu'un monstre laissé sans surveillance ? Dans les deux cas, des familles sont profondément atteintes dans leur chair et réclament justice. Monsieur Fenech est très mal placé pour intervenir sur le dossier Laétitia, surtout qu'il s'autorise à parler pour se faire remarquer localement dans un but purement électoraliste. 

Dossier 13ème Rue : L'affaire du Juge Renaud en quelques dates 

Dossier 13ème Rue : Les faits

Dossier 13ème Rue : Une enquête obscure 

Les autres articles parus sur l'affaire :  20minutes  Novopress  l'Express  La Tribune de Lyon  www.appl-lachaise.net

Lyon: l'ombre du juge Renaud

Par Jacques Derogy, grand reporter à l'Express, publié le 23/11/1995 

Les hommes qui comparaissent pour avoir braqué des villas du Who's Who lyonnais sont de vieilles connaissances. En 1976, L'Express voyait en certains d'entre eux les assassins présumés du magistrat.

 Vingt ans après son assassinat resté impuni, l'ombre du juge François Renaud, dit le Shérif, revient hanter la cour d'assises du Rhône, où, depuis le 20 novembre, comparaît un nouveau gang de Lyonnais. L'un des tueurs présumés du magistrat, Michel Lamouret, 48 ans, nommément désigné dans L'Express dès janvier 1976, mais jamais confondu, y répond en effet, avec deux complices, Christian Bernard et Michel Fassi, de 30 hold-up et tentatives d'homicides commis dans la région, de mai 1988 à décembre 1991.

A cette époque, les policiers constatent qu'une série de maisons cossues de la banlieue ouest de Lyon sont dévalisées. Particularité: leurs occupants figurent tous dans le Who's Who lyonnais. A partir de 1991, ce sont les caisses et les rayons bijouterie des grandes surfaces qui font les frais de l'activité du trio. Jusqu'au jour où un vol à main armée à l'hôtel des ventes des Brotteaux tourne au vinaigre. Interceptés par un équipage de police urbaine, les truands ouvrent le feu. Un brigadier et deux gardiens sont blessés. Désormais, les policiers ne lâcheront plus le gang du Who's Who lyonnais.

L'arrestation de Bernard dans une autre affaire criminelle les a mis sur la piste de Lamouret et de Fassi. Ils observent que les deux hommes rendent fréquemment visite à la compagne de leur ancien comparse, et réussissent à les filer jusqu'à un garage de Villeurbanne où ces derniers entreposent leur butin.
Fin 1991, alors que les gangsters viennent de dévaliser la bijouterie du centre Leclerc de Beynost (Ain), les enquêteurs attendent tranquillement leur retour dans le box, où ils saisissent bijoux, arsenal, cagoules, masques, postiches, perruques et... une édition Rhône-Alpes du Who's Who!

Trahi par sa silhouette et les aveux de la compagne de Bernard, Lamouret prétend avoir loué le box, dont il aurait ignoré le contenu, pour le compte d'un nommé Jean-Claude Garcia, figure du milieu lyonnais, recherché depuis mars 1976, date à laquelle il avait été identifié comme l'un des ravisseurs du petit Christophe Mérieux.
Or Lamouret avait lui aussi été soupçonné pour ce rapt, avec son inséparable acolyte Jean-Pierre Marin, abattu, un peu plus tard, en forçant un barrage de police. A l'époque, tous deux étaient également désignés dans un rapport confidentiel du SRPJ comme les meurtriers du juge Renaud - magistrat réputé pour mener la vie dure au milieu - exécuté le 3 juillet 1975 devant son domicile par deux tueurs embusqués à bord d'une voiture volée.

Bizarrement, c'est Lamouret lui-même qui avait pris l'initiative de m'appeler dans ma chambre d'hôtel, alors que j'enquêtais sur l'assassinat du juge. «Renaud? Jamais vu, jamais eu affaire à lui, me dit-il. Marin et moi, on s'est connus à la centrale de Melun, mais on n'a pas de sang sur les mains. C'est tout juste si on arrive à dégommer une bouteille dans les tirs forains...»

Le béton des alibis

Leur pedigree était pourtant déjà éloquent. Interdiction de séjour, condamnations diverses... Libérés en janvier 1975, les deux hommes avaient écopé d'une contravention à proximité de la résidence du juge Renaud, une semaine avant son assassinat. Aussitôt après l'attentat, ils filaient en Espagne, guidés par leur complice Garcia, pour se mettre au vert chez un «retraité» du milieu lyonnais, Louis Guillaud. Ce dernier allait se faire prendre, le 26 février 1976, à Paris, avec une liasse de la rançon Mérieux...
Seul était resté à Lyon leur recruteur, Robert Alfani, parrain du fils de Lamouret et factotum du caïd Nick Caclamanos, leur commanditaire présumé, enfui lui aussi en Espagne au lendemain du démantèlement par le juge Renaud du fameux gang des Lyonnais d'Edmond Vidal.

C'est ainsi que L'Express avait pu révéler les noms des auteurs du crime désignés par le rapport secret de la police judiciaire. Lequel finit par être versé au dossier instruit en vain par six magistrats successifs. Jusqu'à son classement par non-lieu le 17 septembre 1992, faute d'éléments de nature à entamer le béton des alibis et à confondre les survivants.

Date de dernière mise à jour : 02/12/2011

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