Municipales LYON 2014 - Primaires UMP : Deuxième tour Havard / Fenech

Hamelin barré par Fenech

par Denis Ribeyre*  

Havard 1er Fenech 2èmeEmmanuel Hamelin (14%) aurait pu finir au coude à coude avec Michel Havard (40%) sans l'intrusion du député givordin Georges Fenech (35%) dans le débat lyonnais. La deuxième victime de Fenech est l’ancienne secrétaire d’État à la Santé Nora Berra (9%) qui aurait pu escompter un score beaucoup plus honorable compte tenu de son passé ministériel.

L'amertume de deux candidats pleinement investis dans la vie municipale lyonnaise et de leur soutiens sera totale lorsque Fenech se sera retiré "dans sa circonscription" comme il l'a annoncé publiquement s'il était battu. Colère qui sera d'autant plus justifiée quand Fenech mettra en oeuvre son plan B : se présenter dans une petite commune de la 11ème circonscription du Rhône. Finalement, il décidera de rester à lyon.

Comment expliquer le score de Fenech ? Denis Ribeyre, ancien chef de file de l'opposition givordine "dépossédé" par Fenech qu'il a appris à connaître, revient sur le parcours de Fenech et livre son analyse.

Fenech est un individu qui a pris des cours de communication. Il présente bien, est posé devant les caméra, prend des postures ou fait des mimiques qui le font apparaître comme un homme réfléchi pour le téléspectateur. De plus il s'est présenté aux lyonnais comme un homme neuf d'où la séduction exercée sur un certain nombre d'électeurs sensible à la nouveauté. Ajoutez-y un zeste de discours sécuritaire à destination des électeurs âgés des 3ème et 6ème arrondissements et le tour est joué.

En réalité, Fenech est dévoré par une ambition qui dépasse largement le cadre de ses compétences. C'est un homme qui ne doute de rien et qui fonce sans mesurer les conséquences de ses actes. Et quand il n'y a plus rien à détruire, comme à Givors, il déménage pour se refaire une virginité.

*Denis Ribeyre est l'ancienne tête de liste de l'union de toutes les oppositions à la majorité communiste de GIVORS mise en place pour les élections municipales de 2001. A peine élu député en 2002, Fenech contesta le leadership de l'opposition élue en créant sa propre association "Rassemblement pour Givors" avec la volonté d'être maire de la ville en 2008. Denis Ribeyre a fait le job d'opposition pendant sept ans pendant que Fenech et ses acolytes semaient la zizanie dans l'équipe élue sur la liste de Denis Ribeyre. Aujourd'hui, les acolytes de Fenech sont devenus les plus fidèles soutien de...communiste Passi. Quand aux deux réélections de Fenech député, elles sont dues à la complicité très actives des maires communistes-Front de Gauche de GRIGNY et GIVORS qui ne voulaient pas de députés socialistes issues de leurs communes. A cela s'ajoutent des connivences troubles inexpliquées entre Fenech et Passi...

Son parcours politique: une imposture

Arrivé sur à Givors en septembre 2001 moins de deux mois après sa mise en examen dans l'affaire de l'angolagate (ce que tout le monde ignorait à l'époque) Fenech a été accueilli favorablement par les givordins de droite et plus particulièrement par une partie de l'ancien RPR local qui avait démissionné de la vie politique après le départ de Jean-Claude BAHU qui avait eu le tort de choisir Balladur plutôt que Chirac en 1995. Or le petit groupe (Rebeyrotte ancien délégué de la 11e circonscription, les ex-conseillers municipaux RPR Bérenguier et Soulier et quelques autres) s'étaient investis pas très discrètement dans les municipales de 2001 pour faire battre leur propre camp. Réintégrés politiquement grâce à Fenech, ces mêmes individus se sont retrouvés avec Henri Bazin, un autre ex-conseiller élu sur la liste RPR de 1995, comme les plus fervents soutiens...du maire communiste de Givors. Aujourd'hui, deux d'entre eux siègent avec la majorité communiste au conseil municipal et servent d'alibi gaulliste.

Son arrivée à Givors a été grandement facilité médiatiquement par son épouse de l'époque membre du groupe Hersant (propiétaire du quotidien Le Progrès de Lyon) et par les soutiens de Fenech dans les sphères du pouvoirs sur lesquels Fenech pouvait compter (pour services rendus ?) pour avoir l'investiture UMP lors des législatives 2002. Et ce, au détriment de Luc Thomas, qui avait fait le job sur la circonscription depuis le départ de Bahu.

En moins de dix ans, Fenech a réussi à se fâcher avec tous ceux qui avaient permis son élection. Aujourd'hui, son manque de discernement est uniquement au service d'une ambition dévorante 

Comme aujourd'hui à Lyon, Fenech a bénéficié de l'effet "nouveauté" avec l'onction de la direction du parti qu'il représentait. Sa venue à Lyon est préparée depuis longtemps et surtout depuis le ballon d'essai envoyé par Lyon Capitale (Groupe Fiducial-Latouche) qui n'a pas ménagé ses efforts pour donner du crédit à la candidature de Fenech surtout dans les jours qui ont précèdé le 1er tour de primaires.

Sans le rééquilibrage de la direction de l'UMP provoqué à la suite de l'affrontement Fillon-Copé, Fenech aurait directement investi par Copé dont il a été un fidèle soutien comme député. Mais la manoeuvre a été déjouée grâce à un sondage de notoriété qui conduit aux primaires. Et Fenech s'est lancé dans la campagne comme il a l'habitude de la faire (camping-car, campagne de séduction, appui d'une certaine presse dirigé par ses amis, beaucoup d'esbrouffe, etc...) et, à la sortie une qualification pour le deuxième tour au détriment des locaux lyonnais.

Son parcours syndical de magistrat: un énorme préjudice morale pour l'institution judiciaire

sans-commentaires.jpgCela a été constaté dans tous les endroits ou il est passé notamment dans la magistrature et plus particulièrement dans le syndicat de l'Association Professionnelle des Magistrats (APM) qu'il laissa exsangue après un « dérapage » d'un de ses membres, dénoncé par certains comme « à connotation antisémite », dans un article polémique paru dans sa revue et dirigé contre un substitut du tribunal de Toulon Albert Lévy, fin 1998, qui contraignit son président Georges Fenech, directeur de publication de la revue, à la démission et à en répondre en justice. S'ensuivit la pseudo mission de surveillance des élections présidentielles du Gabon mise au service d'Omar Bongo par l'intermédiaire de Robert Bourgui qui prétendait ne pas connaître Fenech alors qu'ils étaient tous les deux membres fondateurs de l'Association Internationale pour la Démocratie (AID) crée pour la circonstance. Lire aussi Lyon Capitale

Viré par ses pairs magistrats de l'APM, Fenech crée un nouveau syndicat mort né, le SIMR (Syndicat indépendant des magistrats républicains) dont son copain Voirain - Un autre magistrat décrié - deviendra le secrétaire général. Voirain sera de toutes les aventures de Fenech mais il finira par tomber pour une affaire de corruption alors que Fenech sera lui-même finalement relaxé avec des termes très sévères dans l'affaire de vente d'armes avec l'Angola dite "Angolagate".

Elu député, Fenech s'exalte - toute honte bue - en donnant des conseils de moralisation à l'institution judiciaire à travers l'affaire Outreau. Membre de la commission des lois de l'assemblée nationale, il n'hésite pas à cité en référence une mesure coercitive allemande signée par un certain chancelier nommé...Adolf Hitler. On voit aussi beaucoup Fenech avec Gilbert Collard aux côtés de Denis Seznec, lequel bataillant pour obtenir la réhabilitation de son grand-père accusé de meurtre.

L'ombre du juge Renaud

Le juge François RenaudPar contre, pas un seul sentiment de regret ni même la moindre excuse auprès des enfants du Juge Renaud dont Fenech, alors juge d'instruction en charge du dossier, clôtura l'enquête pour assassinat par un non lieu, qui, devenu définitif, permet aux commanditaires de couler des jours heureux et sans craintes alors que les enfants du juge assassiné ne sauront jamais par qui et pourquoi leur père est mort. Dans une récente émission sur France 2 à l'occasion de la sortie du film "Lyonnais", l'un des protagonistes de l'histoire a affirmé qu'une partie des casses servait à alimenter les caisses d'un parti politique. Piste sur laquelle était le juge Renaud avant d'être assassiné.

Cela n'empêchera pas Fenech de demander - sans aucune gène et opportunément au moment de se présenter aux primaires lyonnaise - une citation du Juge à l'Ordre de la Nation avec la pose d'une plaque commémorative. (Sans commentaires)

UMP Georges Fenech 11è circonscription du Rhône Municipales Lyon 2014 Primaires UMP Emmanuel Hamelin Michel Havard Nora Berra

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