Site de VMC : combien de morts ?

Site de VMCLes anciens verriers, entre déni de justice et discrimination

Depuis un certain nombre de mois, l'Association des Anciens Verriers, domiciliée 60 rue du Moulin à 69700 GIVORS  essaie d'attirer l'attention des pouvoirs publics sur la situation des salariés exposés pendant des années aux produits toxiques utilisés dans la chaîne de production du verre sur le site de Givors. Ils réclament, comme ils en ont le droit, les attestations nécessaires pour faire reconnaître le statut de maladie professionnelles pour les nombreux cancers développés et dont le taux a été jugé anormalement élevé - dix fois supérieur - par rapport à celui constaté dans le monde du travail. Les autorités sanitaires ont été saisies : mutisme. Monsieur le Procureur de la République a ouvert une enquête préliminaire : classée sans suite...

Le refus de BSN Glasspack d'assumer sa responsabilité d'employeur conduit la collectivité publique à faire endosser par la sécurité sociale les surcoûts liés au taux constaté comme anormalement élevé de cancers sur la dernière génération des verriers sexagénaires.

La première Verrerie Royale est apparue en 1749 à Givors suite à un édit royal interdisant la déforestation produisant le charbon de bois nécessaire au fonctionnement des fours. Ce qui porta l'obligation pour les verreries d'utiliser le charbon de terre dont un site de production était en activité à Rive de Gier.

Qu'en reste-t-il aujourd'hui ?

Depuis 1749, combien de générations, combien de morts ? 

Faut-il multiplier par 20, 25 ou 30 le nombre de décès prématurés liés à la production du verre pendant ces deux cent cinquante dernières années.

Aujourd'hui, la création d'un Pôle Automobile sur un site entièrement pollué est le triste hommage rendu en mémoire de toute cette aristocratie ouvrière sacrifiée au développement de GIVORS. Ignorée la détresse des hommes pour le seul profit de petites entités rachetant des parcelles de terre encore baignées de l'odeur des vies écourtées... en échange de promesses d'emplois attrape-nigaud. cliquer sur l'image     

Givors trahie par les siens

Combien sont-ils de présents, ce triste jour d'inauguration, parmi cette "élite bien pensante" - maire en tête - mélange de petite bourgeoisie sociale autosatisfaite et de mini entrepreneurs micro-affairistes en devenir, à célébrer la première pierre d'une ville devenant dortoir. Où sont-ils donc les véritables entrepreneurs d'hier qui firent la force économique de notre cité. Où sont-elles les protestations d'indignation contre ce pôle automobile symbole du déclin irréversible de notre ville. N'y avait-il donc aucune autre solution du fait du prince pour la reconversion de ce site en hommage aux générations sacrifiées sur l'autel de la maladie.

Que risquent les futurs usagers du site ?  lire le recours contre le Pôle Automobile

Comme l'affirment l'association des anciens verriers, "aucune implantation d'habitation, de restaurant, d'activité alimentaire, d'école et de jardin d'enfants, de potager, etc. n'est désormais possible sur ce lieu. BSN Glasspack, successeur de VMC, repris par O.I-Manufacturing, a laissé sur place, aux génération à venir, des produits toxiques en quantité : arsenic, chrome, plomb, hydrocarbure, etc. A tel point que certaines parties de la surface ne peuvent être travaillées Un rapport d'analyse et des arrêtés préfectoraux l'ont clairement identifié."

 

Les verriers seront-ils les dernières victimes ?

Toujours selon les anciens verriers, "les  produits utilisés dans la fabrication du verre sont toxiques, voir classés cancérigène , mutagènes reprotoxiques (CMR) pour certains. L'association a reconstitué, sur la chaîne de fabrication l'éventail des produits utilisés avec leur fiche de sécurité. Elle les a identifiés aux poste de travail, dans leurs conditions d'utilisation, mais les autorités refusent de voir cette réalité en face." Et de se demander "Pourquoi ?"

C'est pourquoi, c'est mêmes verriers dénoncent ce déni de pollution et d'empoisonnement des hommes au travail ; ce déni de justice de la part des autorités sanitaires et du travail. Il convient même de parler, toujours selon l'association, de discrimination à l'égard des anciens verriers à qui l'on refuse le droit au suivi sanitaire post-professionnel. 


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